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Disrupteurs de hasard – Gashapon ou pas gashapon ?

Gashapon
Le problème avec les distributeurs de gashapon, c’est qu’ils ne donnent pas toujours ce qu’on veut – en même temps ils sont conçus pour ça. Quand on est consommateur occasionnel, qu’on achète juste une petite capsule-surprise de temps en temps pour rigoler, ça n’est pas gênant. Mais quand on est un collectionneur obsessionnel qui veut absolument avoir toutes les séries complètes des gashapon Ultraman, c’est problématique. Car à moins d’être extrêmement chanceux, obtenir une série complète de 10 figurines peut revenir très cher, à 200 yens le tirage aléatoire.

Gashapon
« C’est surtout qu’il s’est fait une ligne de gashapon. Drogué ! »

(élipse) Bref, c’en était trop. Il fallait trouver une solution à cette situation inextricable qui menaçait l’économie d’une nation entière, des millions de salariés gaspillant leurs millions de yens de pouvoir d’achat dans des distributeurs incontrôlables devenus comme fous. En même temps on leur avait bien dit que les machines se retourneraient contre nous, mais non regardez-les avec leur technologie et leurs robots, ils s’en foutent.

Gashapon floor - Yodobashi Camera Gashapon
Des magasins entiers remplis de machines à absorber des pièces de 100 yens


Le délicat flyer de la boutique Super Position Capsule Toy Shop

C’est alors qu’arrivèrent les boutiques anti-hasard. Alors que les distributeurs donnent, pour un prix fixe, un gashapon tiré aléatoirement parmi la série, ces échoppes éliminent l’effet du hasard en achetant de grosses quantités de gashapon. En 10 tirages, il est pratiquement impossible d’avoir les 10 figurines d’une série donnée. Mais en achetant 200 capsules de cette même série, avec un peu de chance on a plusieurs exemplaires de chacune des 10 figurines. Exemplaires qu’il ne reste plus qu’à mettre en rayon, en fixant cette fois-ci un prix variable, basé sur la rareté ou le niveau de la demande pour chaque figurine.

Capsule toys and figures shop
Un Capsule Toy Shop, à Osaka. Des milliers de gashapon impitoyablement décapsulés.

Le principe de ces magasins qu’on trouve dans les quartiers d’otaku comme Ahihabara à Tokyo ou Den-Den Town à Osaka est donc le suivant :
– dans un sous-sol qu’on imagine humide et mal éclairé, des enfants chinois sous-payés ouvrent à longueur de journée des centaines de capsules de gashapon ; ils éliminent ainsi le facteur chance et en extraient le précieux contenu qui est alors placé dans un sachet
– en fonction de la rareté de chaque figurine, un prix est fixé ; il peut être plus bas que le prix payé dans le distributeur de gashapon si la figurine est particulièrement quelconque ; inversement, certaines figurines sont vendues 10, 20 ou 40 fois le prix d’un tirage dans le distributeur
– le collectionneur fou peut compléter ses séries ; ça lui coûte probablement moins cher que s’il avait compté sur sa seule chance
– l’acheteur occasionnel qui ne veut pas tomber sur 10 figurines de Krilin avant d’avoir celle de Tortue Géniale peut acheter tout de suite celle de Tortue Géniale

Capsule Toys Shop
Dans un rayon d’un Capsule Toy Shop, à Kyoto

Finalement, tout le monde est content. Et ceux qui apprécient la seconde précise à laquelle se joue leur destin, cette seconde pendant laquelle, après avoir inséré la pièce, on tourne la poignée qui active l’éjection d’une capsule, écoutant la douce musique du mécanisme à l’intérieur du distributeur, se demandant si c’est Peach, Bowser ou Mario qui va sortir, ceux-là pourront toujours compter sur les distributeurs de gashapon, qui resteront là, fidèles au poste, dans l’adversité, bravant les éléments face à un modèle économique à la fois frère et ennemi. Dieu bénisse l’Amérique. Ah non merde c’est au Japon. Dieu bizarre avec des renards messagers bénisse le Japon.

Link - Phantom Hourglass version
Obtenir Link sans risquer de tomber sur 5 figurines de Ganondorf ou Tetra la pirate, ou bien ressentir la montée d’adrénaline au moment de tourner la poignée du distributeur ?

Tama Depa : le magasin officiel Tamagotchi


« Tama Depa » Shop, photo publiée sur Flickr par Stéfan.
Dans la série « les magasins japonais qui rendent fous », après le Pokémon Center de Yokohama, voici le Tamagotchi Shop (ou « Tama Depa » pour « Tamagotch’s Department Store »), à Tokyo (plus précisement, parmi les magasins intégrés au Tokyo Dome, le stade de l’équipe de baseball de Tokyo, les Giants (qui en réalité ne sont pas des géants puisqu’aucun des joueurs ne mesure plus de 2m50 mais bon passons)).

"Tama Depa" Shop "Tama Depa" Shop
La devanture du magasin, dans le Tokyo Dome // Intérieur du Tama Depa

Le principe du Tama Depa est simple : c’est l’équivalent pour les Tamagotchi du Pokémon Center pour les Pokémon.

Pour vous les Tamagotchi ce ne sont que ces petits jouets électroniques simulateurs de bestioles qui meurent si on ne leur donne pas à manger ? Ahah laissez-moi rire. Les Tamagotchi c’est bien plus que ça. Tamagotchi, c’est des peluches, des crayons, des boites à musique, des bonbons, du papier à lettre, des serviettes, des mouchoirs en papier, des couverts, des vêtements. Bref, uniquement des trucs indispensables dans le monde moderne dans lequel on vit.

Green Tamagotchi Yellow Tamagotchi
Pink Tamagotchi
Grosses peluches Tamagotchi toutes douces et toutes mignonnes et toutes colorées

Tamagotchi candies
Bonbons Tamagotchi (astuce Microkids : tu peux te faire un super fond d’écran avec cette magnifique photo. Clique ici pour avoir l’image en haute résolution.)

Tamagotchi books Tamgatochi magic ball
Livres d’histoires Tamagotchi // Boule de projection holographique Tamagotchi (rigoureusement indispensable)

Tamagotchi keyholders
Porte-clés Tamagotchi : simple, efficace

Tamagochi
(attention, cette photo n’a pas été prise dans le magasin Tama Depa, mais en France plusieurs jours plus tard)
Un concept marrant : pour 500 yens, on prend une boule qui s’ouvre en deux, et on la remplit de bonbons. Le prix est le même quelle que soit la quantité de bonbons, la seule règle c’est que la boule doit pouvoir être fermée. Le jeu consiste donc à optimiser l’utilisation de l’espace dans la boule, comme un Tetris en 3D avec des bonbons. A la caisse, on nous a en plus offert des sucettes Tamagotchi, ainsi que la carte de fidélité du magasin, très utile puisqu’on n’aura probablement pas l’occasion de retourner dans ce magasin avant plusieurs années.

[article également publié sur mon blog 3615mavie]

Yokohama : Pokemon Center


Pokemon Center Yokohama, photo publiée sur Flickr par Stéfan.

Parfois (enfin surtout à une époque, il y a quelques années, maintenant ils se sont calmés) les médias français parlent de la folie Pokémon qui envahit nos cours de récré. Des cartes Pokémon, des jeux vidéo Pokémon, des peluches Pokémon. Les journalistes qui pensent que c’est ça, la Pokémania, ne sont pas vraisemblablement allés au Japon. N’est-ce pas Monsieur Pujadas, trop occupé à concevoir vos coiffures extravagantes ?

Au Japon il y a des magasins, les Pokémon Centers, qui sont les endroits sur Terre où on relève le plus fort taux de Pokémania. Les valeurs mesurées dépassent de 1000% les doses maximales conseillées. Si Oussama Ben Laden n’aimait pas les Pokémon, c’est sur ce genre de magasins qu’il écraserait des Boeing Pokémon (heureusement Oussama Ben Laden est fan de Pokémon, d’ailleurs il ne joue qu’à ça sur sa DS dans sa grotte en Afghanistan).

Dans un Pokémon Center, on trouve tout, mais avec des Pokémon dessus. Des céréales Pokémon ? Oui, voilà. Des puzzles et des jeux de société Pokémon ? Par ici. De la vaisselle Pokémon ? Bien sûr madame. Toutes les fournitures scolaires existantes, à la mode Pokémon ? Mais oui on a aussi. Du papier toilette Pokémon ? Mais c’est évident voyons, c’est un Pokémon Center ici monsieur.

Pokémon toilet paper
L’indispensable papier toilette Pokémon à l’effigie de Pikachu, Ouisticram, Palkia, Dialga…

Evidemment il y a aussi tout le kit de survie minimal : les figurines Pokémon, les peluches Pokémon, les jeux vidéo Pokémon, les sacoches de DS Pokémon, etc. Dans un coin, les inévitables distributeurs de gashapon Pokémon cotoient quelques machines à imprimer des stickers à la demande.

Pokémon Center Yokohama Kawaiiest plate ever.
Dans le Pokémon Center de Yokohama // Assiette Pokémon ultra-kawaii

En fait, un enfant français fan de Pokémon qui serait lâché dans un tel magasin deviendrait fou. C’est la raison pour laquelle ces magasins sont construits très loin de la France. Les enfants japonais sont bien plus résistants à de telles épreuves, habitués dès la plus tendre enfance à toutes sortes de jouets mignons ultra-colorés à collectionner.

Pokémon Center 10th Anniversary Gotta catch'em all!
10 ans de Pokémon Center // Échantillon de peluches Pokémon

Orchestre du magasin Laforet Harakuju

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Laforet Harajuku est une sorte de mini centre commercial pour jeunes, avec principalement des magasins de vêtements. A l’intérieur, le bruit résultant du cumul de la musique et des vendeurs et vendeuses qui hurlent pour attirer les clients fait qu’il est difficile de rester plus de cinq minutes (pour une personne normalement constituée).

Pour attirer encore plus de clients, Laforet avait engagé un orchestre de filles habillées en yukata très colorés. Leur mission : faire du bruit à l’extérieur du magasin, parce qu’à l’intérieur c’est déjà saturé.

Le magasin de jouets Kiddy Land

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Kiddyland est un magasin de jouets sur 6 ou 7 étages, situé dans le quartier d’Harajuku/Ometesando à Tokyo.

En fait sur l’ensemble des articles, il y a une bonne partie de petits gadgets et machins à collectionner, ce qui fait qu’il n’y a pas tant de vrais jouets que ça. Mais c’est quand même amusant à visiter.

Quelques photos…

Monchichi / Kiki
Des Kikis de toutes les couleurs ou avec des déguisements (Ultraman, ici)

Pencils !
Des fournitures scolaires kawaii ultracolorées

Miffy Family
Des tas de Miffy

Cats Livin’ – Un magasin 100% pour les chats

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A Odaiba, Tokyo. On y vend tout ce qui est indispensable dans la vie d’un chat : fontaine à eau, laisse fashion, déguisement d’éléphant, nourriture de luxe, etc.

Odaiba - Cat's clothing Tabby kitten

Le look du magasin s’est bien amélioré depuis 2004 (voir la photo du magasin en 2004).

> le site officiel du magasin Cats Livin, « Modern cat products for an urban lifestyle »

L’animalerie la plus moderne du monde

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Ce n’est pas celle-là.

Exemples de prix

Quelques exemples de prix relevés cet été à Kyoto, Osaka et Tokyo. Certaines choses coûtent plus cher qu’en France (les pommes par exemple), d’autres sont moins chères (l’hôtel, les boissons dans les distributeurs, les restaurants, etc.)

Taux de conversion euro/yen au moment de notre séjour : 1 euro = environ 165 yens. Je note le prix en euro entre parenthèse avec le taux de conversion en vigueur en juillet 2008.

– 1 bouteille d’eau 2L, fraîche, marque Suntory, achetée dans un combini : 180 yens (1,10€)
– 1 timbre pour un envoi normal : 50 yens (0,30€)
– 1 timbre pour un envoi international : 70 yens (0,41€)
– un menu best of Big Mac : 640 yens (3,9€)
– une Chupa Chups : 31 yens (0,19€)
– lot de 5 bananes : environ 180 yens (1,10€)
– ticket de métro (Tokyo) : à partir de 160 yens (0,97€) puis augmentation par pallier suivant le nombre de stations
– visite d’un temple : généralement 400 ou 500 yens (2,4 à 3€)
– nouilles instantanées Curry Cup Noodle (taille normale) : 158 yens (0,96€)
– canette de Coca Cola (33 cl) fraîche dans un distributeur : 120 yens (0,73€)
– 1 bol de riz chez Nakau : 100 yens (0,61€)
– 1 riz au curry avec escalope de poulet pané chez CoCo Ichi : 680 yens (4,12€)
– 1 carte téléphonique internationale KDDI pour 22 minutes d’appel vers la France : 3000 yens (18,2€)
– 1 billet de train Kyoto – Osaka (30 minutes de trajet environ) : 540 yens (3,27€)
– 1 paquet de chewing-gums Lotte sans sucre : 120 yens (0,73€)
– 1 salade de crudités (env. 200g) achetée dans un combini : 300 yens (1,81€)
– 1 Ipod Shuffle 2 Go : 7800 yens (47,3€)
– 1 brique de jus de pamplemousse (ou orange) 500 ml acheté dans un combini : 110 yens environ (0,67€)
– 1 Nintendo DS : 15000 yens (88€)
– 1 manette Nintendo GameCube : 1800 yens (10,6€)

Le magasin de matériel de tennis le plus luxueux du monde

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Ce n’est pas celui-là.

Elevage d’oies par des SDF

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Sous un pont de la rivière Kamo qui traverse Kyoto du nord au sud, des SDF ont construit des abris en bois et toile plastique bleu (on trouve souvent de ces abris, le long des rivières ou dans certains parcs).

Pour se faire un peu d’argent, ceux-ci élèvent quelques oies, dans une cage posée dans le canal aménagé qui coule parallèlement à la rivière. On suppose qu’ils en vendent les oeufs, car une ces cabanes a vaguement la forme d’un stand.